Bruxelles à la une !
- Posté par Ioan-Cosmin le 22/12
Une visite au service de presse du Parlement Européen illustre l’intérêt des médias du monde entier à vulgariser les politiques prises au niveau du Vieux Continent. Des services pour les télévisions, des studios spéciaux pour les radios, des espaces pour les journalistes de presse écrite sont mis en place afin de mieux comprendre les décisions pour les 700 millions d’habitants. Les chiffres clés sont forts : 1.340 journalistes de 59 pays sont basés sur Bruxelles pour diffuser le plus vite possible les nouvelles auprès des leurs citoyens. En comparaison, le nombre des fonctionnaires au sein de l’Union Européenne est 15.000.
Intérêt fluctuant
L’attention prêtée par chacun des Etats membres diffère d’un cas à l’autre, constate pourtant Michel Plumley, administrateur relations presse au Parlement. Dans certains pays, tels l’Espagne ou le Portugal, l‘intérêt est resté important avant, mais aussi après l’intégration. Par contre, dans les nouveaux états tels la Hongrie, la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie ou la Slovénie, les médias ont été très préoccupés avant l’intégration, en offrant beaucoup de détails, parfois trop techniques. Dès mai 2004, les sujets qu’il commençait à traiter étaient liés plutôt aux scandales ou sur ce que l’Europe va apporter ou combien ça va coûter . La Roumanie, quant pour elle, compte sur 11 journalistes accrédités à Bruxelles, mais un regard sur la liste montre bien l’absence de médias importants qui pour l’instant se contentent de relater l’Union de chez eux. On est toujours optimistes si l’on regarde comme chaque fois nos voisins bulgares, qui ont seulement trois accrédités. Le faible intérêt pour le sujet, la presse tabloïd ou le manque d’argent doivent quant même être pris en compte maintenant et après l’intégration quant on fait l’analyse de l’agenda européen par les médias roumains.
Etude de cas
Sans donner dans des stéréotypes, je me suis formé une image des gardiens roumains de la démocratie à la suite d’une rencontre à Bruxelles avec un correspondant d’un quotidien majeur. Agé de plus de 50 ans, des amis partout quand il parlait de ses contacts parmi les politiciens, il me semblait l’image typique de l’ex-apparatchik envoyé après la chute de Ceausescu pour veiller sur la sécurité nationale à l’étranger même. Il est venu hier pour parler sur ce qu’il fallait faire pour être “senior editor” dans le centre de l’Europe. J’ai d’ordinaire l’initiative des débats, mais cette fois-ci je suis resté (encore que je n’ai pas des explications pour cela) complètement muet. J’ai eu un flash-back effrayant. Vraiment.
Si vous avez de l’humour…
Voici la conception humoristique de l’Europe… par les Français, telle qu’elle circule depuis quelques jours par Internet ; plus on avance vers l’Est, plus les images caricaturées sont fortes. Les Roumains se voient gratifiés d’une exception artistique. Une bonne idée serait de voir l’Europe vue par les peuples de l’Est…
Le bulgare demeure (utile) mais ne se rend pas (indispensable)
- Posté par Evelina le 21/12
Une musicienne américaine, un professeur français, un journaliste roumain. Qu’est-ce qui peut-être commun entre ces gens? A mon plus grand étonnement, ce fut la langue bulgare! Soit par amour envers la musique folklorique bulgare, soit à cause d’un coup de foudre pour la mélodie de la langue, soit à cause de leurs racines, ces personnes ontappris et parlent le bulgare!
Avec l’adhésion de la Bulgarie à l’UE, le bulgare deviendra une langue officielle dans le bloc européen et il y aura un nouvel alphabet – le cyrillique. La volonté d’apprendre la langue d’autrui n’aidera pas seulement à la communication dans mais elle permettra aussi de combattre les stéréotypes et les préjudices qui existent toujours.
,assure Marie Vrinat-Nikolov, maître de conférences en langue et littérature bulgares à L’Inalco (Institut national des langues orientales à Paris). Au début la plupart des étudiants voulant apprendre le Bulgare venaient des familles bulgares mais ces dernières années, il y a une tendance de changement du public. Le retour des racines est toujours le motif le plus fort, suivi de la raison romantique, mais la possibilité de trouver un boulot avec cette langue devient de plus en plus une stimulation forte, notamment dans la perspective de l’adhésion de la Bulgarie à la famille européenne.
A Bruxelles, malheureusement, la Bulgarie n’est pas tellement connue comme la Roumanie, notre voisin qui va rejoindre l’Europe avec nous dès le 1er janvier. On voit partout dans la capitale de la Belgique des pubs sur la Roumanie – sur des bus, dans le métro, même dans la cathédrale St Michel et Gudule il y a une crèche de Noêl de la communauté roumaine! Question de langue /le Roumain étant une langue latine/ ou de lobbying?
Dans l’UE où regne une certaine dictature de l’anglais, le bulgare pourra apporter un atout important pour la diversités des langues d’une Europe unie.
La « conquête » de Bruxelles… par les nouveaux Européens
Seize heures trente et notre groupe prend le premier contact avec Bruxelles. Un peu comme un coup dans la poitrine, mais dont on ne peut pas ignorer le côté drôle. Car la plupart des femmes du groupe est partie avec des tonnes de bagages. Très lourds et très volumineux, ça va de soi. Et nous voilà condamnés tous à descendre et puis monter les dizaines d’escaliers du métro de Bruxelles. Une sorte de labyrinthe pour nous…un mystère qui s’est épaissi chaque jour tant il a été difficile de se repérer dans ce métro. Revenons… on est sur la direction erronée, on se querelle. En roumain. De nulle part, nous entendons une voix, quelques mots en roumain prononcés avec un accent moldave : « mais qu’est ce que vous désirez savoir ? ». « Place de Brouckère n’est pas dans cette direction, je vous dis ». Et puis elle nous met sur la bonne route. Raison de commodité, l’un d’entre nous traverse directement les lignes électrifiées du métro, ses valises y compris. Un peu …. « à la roumaine ».
Puis, le grand dilemme: comment faire entrer nos valises, grandes comme des placards par les entrées deux fois plus petites du tramway bruxellois ? On fait cela à la diagonale. Enfin, nous sommes là et nous sortons torturés. Nous faisons un bruit aussi infernal avec les roues de nos bagages et toutes nos discussions sont si contradictoires sur la direction à prendre, que nous ressemblons à un groupe de protestataires ; et tous les gens tournent la tête vers nous. « Regarde, maman, ils reviennent de vacances !!!! », dit un enfant tout petit. Nous rigolons tous de bon cœur et, pour une seconde, la fatigue disparaît. Dans la soirée, nous, les Roumains, nous voulons sortir dans le quartier de notre résidence pour goûter un peu la gastronomie bruxelloise, mais l’on doit se contenter de sandwichs et de vin chaud. Trop acide, nous demandons un peu de sucre. La jeune serveuse nous plante deux cubes – un à chacune – directement dans la paume ! Enfin, nous nous sentons comme à la maison ! (Magda & Eliza)
“Some are more equal than others…”
- Posté par Denitza le 21/12
“Some are more equal than others…” – cette phrase, extraite de « La Ferme des animaux » de George Orwell, peut aussi très bien décrire l’aspect le plus ambitieux de la politique européenne – celui de l’élargissement.
Depuis sa création l’UE a pour but de répandre son influence et d’adhérer de nouveaux membres. Tous ces nouveaux pays sont égaux entre eux-mêmes et avec les pays fondateurs d’après le traité de Rome. Et le mot « égal » doit être conçu dans tous les sens du terme. Mais d’un coup, en sortant de la logique du « wishful thinking », on s’aperçoit que la réalité est complètement différente.
Cette réalité est la plus visible quand il s’agit de la dernière vague de l’élargissement. Et elle le sera encore plus quand la Bulgarie et la Roumanie entreront dans l’UE le 1er janvier 2007. Les députés des 10 nouveaux pays qui sont entrés en 2004 l’avouent eux-mêmes. Ils n’ont pas le même poids réel pendant les débats et ils ne sont pas traités de la même façon que leurs collègues des 15. Et ce n’est pas seulement leur opinion. Cette réalité est avouée par beaucoup de représentants des « vieux » membres quand on les interroge.
Alors, le problème que Sofia et Bucarest vont rencontrer en adhérant a été formulé avec un peu de pessimisme mais aussi avec beaucoup de réalisme par une députée d’un de ces 10 pays pendant le débat dans le Parlement européen dans le cadre de la présentation du dernier rapport de monitoring de la Commission le 26 septembre dernier. Elle a suggéré que « les 10 nouveaux membres sont entrés dans l’Union en tant que membres de deuxième classe » et qu’elle a très peur que la Bulgarie et la Roumanie finissent par être traités comme « membres de troisième classe ».
“Some are more equal than others…” C’est une réalité, oui. Mais il serait aussi très injuste de chercher un « coupable ». Il faudrait que le temps passe, que la « Vieille Europe » s’accoutume avec ses ex-voisins devenus ses « nouveaux frères » pour qu’elle commence à laisser de côté ses préjugés. Mais il faudrait aussi que cette « Nouvelle Europe » fasse des efforts pour montrer qu’elle mérite vraiment une place à part entière dans le Club des grands.
Profil de la Commissaire bulgare Megléna Kouneva
- Posté par Tatiana le 21/12
La première représentante bulgare à la Commission européenne Megléna Kouneva est actuellement ministre des Affaires européennes. A partir de janvier 2007, elle sera Commissaire en charge de la Protection des consommateurs.
Mme Kouneva est née à Sofia en 1957. Elle est docteur en droit et a enseigné aux universités de Sofia et de Bourgas. Elle a également été rédactrice et présentatrice à la Radio nationale bulgare de 1987 à 1991. En tant que membre du Parlement bulgare, elle a été nommée ministre des Affaires européennes et négociateur principal de l’adhésion de la Bulgarie à l’UE en août 2001.
Elle a été, jusqu’en 2004, l’un des 105 membres de la Convention sur l’avenir de l’Europe chargée de rédiger le Traité établissant une Constitution pour l’Europe. Kouneva a reçu la Légion d’honneur française par la ministre des Affaires européennes Noëlle Lenoir en 2004. Elle est mariée et a un fils. Sa grande passion est la lecture. Elle maîtrise l’anglais, le français et le russe.
Ce qu’on dit de Megléna Kouneva en Bulgarie
En Bulgarie, on dit que Megléna Kouneva résiste à tout. Puisque, malgré les bouleversements dans le gouvernement et les critiques qui lui ont été adressées, notamment en ce qui concerne le peu d’information qu’elle divulguait au sujet des négociations avec l’Union européenne, elle a toujours gardé la tête haute. Elle est un peu comme Ségolène Royal en France – à la fois douce et forte, déterminée à jouer des coudes dans un monde politique dominé par les hommes.
C’est la raison pour laquelle les magazines féminins en Bulgarie lui accordent une place si importante. Le dernier numéro de Elle lui a consacré un portrait de quatre pages. On peut y lire des confessions : « Si je devais choisir entre la famille et la profession, peut être choisirais-je la famille. Je suis une femme heureuse car je n’ai pas eu à faire ce choix ». Récemment, Kouneva a été élue Femme de l’année 2006 en Bulgarie. Elle n’a pas pu recevoir son prix car elle travaillait, mais a envoyé un message qui a touché beaucoup de gens, surtout les femmes. « J’ai toujours eu des femmes dans mon équipe. Elles ne se plaignent pas et rendent les choses plus simples à faire. Je les remercie de leurs efforts. »
Ce qu’on dit de Megléna Kouneva en Europe“Elle a montré un vigoureux engagement en faveur de la protection des consommateurs, un haut niveau de compétences techniques, et une véritable volonté politique ”, écrit la travailliste Arlene McCarthy, présidente de cette commission dans une lettre au président du Parlement européen, Josep Borrell. ( le Monde, 29.11.06).
Leonard Orban – portrait de commissaire
- Posté par Ioan-Cosmin le 19/12
La Roumanie a, dès le 1er janvier, un commissaire dans l’exécutif de l’Union Européenne. Le commissaire Leonard Orban (CV) s’occupera du multilinguisme, un portefeuille dont était responsable Jan Figel, l’actuel commissaire en charge de l’éducation, de la formation et de la culture. L’histoire de la nomination de candidate roumaine a été une très longue et controversée. Le premier candidat proposé s’est retiré parce qu’il a été accusé de corruption, accusations qui se sont révélées fausses.
Les membres du groupe socialiste au Parlement européen ont indiqué que le nouveau candidat, Leonard Orban, avait l’expérience européenne nécessaire mais qu’ils regrettent que la Roumanie ne soit pas parvenue à proposer une personnalité plus importante comme candidat.
Maître des langues
Le président de la Commission Européenne, Jose Manuel Barroso et Leonard Orban ont défendu le portefeuille de multilinguisme. Il y a la question de la diversité linguistique, culturelle, de la politique de l’éducation et nous devons aussi promouvoir l’apprentissage des langues, a renforcé Orban pendant les auditions au Parlement Européen. Je mènerai le travail de la Commission sur un portefeuille qui est devenu plus important avec chaque élargissement, a indiqué le commissaire désigné à la multilinguisme. M. Figel a aussi déclaré: Les langues sont au coeur de l’identité européenne, et le rôle de la Commission dans ce domaine, à savoir traduire la législation européenne, proposer des services d’interprétation pour des milliers de réunions ou soutenir l’enseignement des langues, est essentiel. M. Orban a ajouté que ses efforts pour soutenir le multilinguisme ne seraient pas limités aux langues de l’UE et qu’il encouragerait aussi l’apprentissage du chinois, du japonais, de l’arabe, du turc et du russe. Il a aussi annoncé l’organisation d’un concours de traduction ouvert à toutes les écoles européennes, dans le cadre des cérémonies de célébration du 50ème anniversaire du Traité de Rome. Il a rejeté la demande des socialistes que le portefeuille de Orban devait élargir au domaine des minorités. En 2007, l’UE comptera 23 langues, dont le roumain, le bulgare et le gaelique.
Mission second hand
Les Roumains estiment que le domaine duquel Leonard Orban va s’en occuper est très faible et qu’il s’agit en effet d’un portefeuille second hand pour la Roumanie. La comparaison avec le portefeuille du commissaire bulgare, Meglana Kuneva, qui s’occupera de la protection du consommateur, est un sujet qui reste toujours chaud à Bucarest.