Anastasia

Anna


Robert Doisneau

06 Dec 2006

Rencontre avec Annette Doisneau

Aujourd’hui, Annette Doisneau et Francine Deroudille, les filles de Robert Doisneau s’occupent de l’Atelier Robert Doisneau situé à Montrouge. Même si elles ne sont pas toujours d’accord, par exemple dans le choix des photos, elles veillent ensemble sur l’héritage photographique de leur père. Annette a accepté de me faire visiter l’Atelier.

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Racontez-moi le Paris de Robert Doisneau…

Mon père a toujours vécu en banlieue. Comme il habitait à Montrouge, aller à Paris était une démarche pour lui. Il s’y rendait chaque jour avec sa voiture puis il aimait marcher. Et contrairement à ce qu’on pense il passait beaucoup de temps à attendre pour prendre une photographie. S’il voyait un beau décor il se plantait là et il attendait. Tout ce qui l’intéressait c’était les contacts humains. Et il n’aimait pas voyager, aller à l’étranger, car il disait qu’il été « monolangue ». Pour lui Paris était le lieu où il aimait passer la plupart de son temps. C’était son plaisir.

Quelle est l’histoire de la photo « le Baiser de l’Hôtel de Ville » ?

C’est une histoire qui l’a beaucoup fait souffrir à la fin de sa vie. C’était une commande qui a été faite pour une agence américaine pour laquelle mon père a toujours travaillé. Le directeur lui a dit : « On a besoin d’un reportage sur l’amour à Paris, pour le magazine Life. » C’était en 1950. Mais ils ont convenu de prendre des figurants. Vous ne pouvez pas photographier les gens comme ça. Donc, il est allé dans une école de comédiens. Il a choisi un couple, et je tiens à dire qu’ils étaient fiancés à l’époque. Et puis il a fait cette photo et elle est parue dans Life avec d’autres photos sur l’amour à Paris. Et ce n’est pas du tout cette photo qui a été mise en couverture. Bien des années plus tard, dans les années 80, l’édition du Désastre a décidé de faire des posters, puisque c’était la mode, et cette photo a été choisie. Et là ça été un formidable succès. Dans le monde entier, tous les étudiants avaient acheté ce poster pour l’afficher dans leurs chambres. Et il y a un couple qui a fait croire que c’était eux. Et la dame, qui prétendait être sur la photo a décidé qu’elle allait attaquer ce couple et mon père. Donc, il y a eu un procès qui a duré dix ans. Et mon père est décédé juste avant. Mais nous avons voulu aller jusqu’à bout et nous avons tout gagné.

A-t-il travaillé pour des journaux parlant de mode ?

Oui, pendant 3 ans pour Vogue. Il n’aimait pas la mode. Pas du tout. Ça ne l’intéressait pas. Il a eu ce contrat parce que le directeur de ce magazine avait entendu parler de ce jeune photographe qui travaillait un tout petit peu dans les journaux. Après la guerre, il y avait énormément de journaux et tous étaient illustrés par des photos. Après il a travaillé pour un autre magazine Femme. Et il a eu beaucoup de demandes de portraits de couturiers et de chanteurs à la mode.

Photo : Annette Doisneau photographiée par son père a l’âge de 3 ans.

Posté par Anna le 06/12 à 05:58
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05 Dec 2006

Exposition Robert Doisneau

« Mes photos étaient comme une preuve que ce monde peut exister »
Novembre. Le mois de la photo à Paris. Hôtel de Ville. Salle Saint-Jean. Exposition Robert Doisneau. Une petite salle qui raconte l’histoire de Paris en 30 minutes.

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« Paris en liberté » nous parle de la capitale française d ‘hier. Les réactions et émotions des gens, l’amour, la mode, les bars : tout est là. Tous les clichés, la vie quotidienne des Parisiens.
« Le monde que j’essaye de montrer était un monde où je me serais senti bien, où les gens seraient aimables, où je trouverais la tendresse que je souhaite revoir » disait Robert Doisneau.
Ce qui est intéressant ce sont aussi toutes les photos ne sont pas exposées. Ce sont les enfants de Doisneau qui ont fait le choix : Francine Deroudille et Annette Doisneau, qui s’occupent de l’ancien Atelier de leur père. L’idée de faire cette exposition revient à la Mairie de Paris.
Les thèmes principaux sont intéressants pour des gens de générations différentes. Ces photos sont douces et pleines de souvenir. En sortant on voit des gens sourire et on se sent plein d’énergie. C’est une exposition de mémoire pour les gens âgés, de découverte pour les jeunes et d’intérêt pour les touristes.
« … On se sent riche qu’il vous vient l’envie de partager avec les autres une trop grande jubilation.
Le souvenir de ces moments est ce que je possède de plus précieux. Peut-être à cause de leur rareté. Un centième de seconde par ici, un centième de seconde par là mis bout à bout, cela ne fait jamais qu’une, deux, trois secondes chipées à l’éternité ».

Posté par Anna le 05/12 à 06:06
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