Ils disent “non à l’invasion publicitaire”
05 Dec 2006Vendredi 24 novembre 2006, le “Collectif des déboulonneurs” a organisé une action de barbouillage des panneaux publicitaires près de la station de métro “Edgar Quinet”. Environ 60 personnes étaient venues malgré la pluie pour les soutenir. Dans le public, on pouvait voir l’adjointe au maire du 10e arrondissement Charlotte Nenner et René Dutrey, premier adjoint au maire du 14e arrondissement.
“Le système publicitaire a le premier budget au monde en dépenses, plus que les dépenses militaires de 1 100 milliards, a crié un des activistes au mégaphone. Notre message est très clair : le droit au choix, la liberté de réception et le cerveau disponible. La revendication de notre action est de ramener la taille des affiches publicitaires à 50 x 70 cm”.
“Monsieur le Président,
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps.
J’en ai assez de voir
L’horreur publicitaire
Décor totalitaire,
Du matin jusqu’au soir”...
C’étaient les premiers mots de l’hymne des déboulonneurs, qu’ils ont chanté une demi-heure après le début de la réunion. Ensuite les manifestants se sont précipités vers les deux panneaux publicitaires les plus proches du boulevard Edgar Quinet. Sous les flashes des appareils photos et les regards indifférents des policiers, quatre barbouilleurs ont grimpé à tour de rôle l’escalier pour faire des tags. Deux panneaux publicitaires déroulants ont été couverts de mots “Anesthésie mentale. Liberté de réception. 50 x 70 cm”. Après les applaudissements vifs du public, les quatre barbouilleurs tenant au-dessus de la tête leurs cartes d’identité ont été emmenés par les policiers vers le commissariat. Comme l’ont rapporté les participants de cette action quelques jours plus tard, les quatre interpellés ont été interrogés, puis relâchés. On les a accusé de la dégradation des panneaux publicitaires.
Le “Collectif des déboulonneurs” est une association nationale née à Paris en 2005, qui réunit des personnes de Rouen, Lyon, Montpellier, Lille, Le Mans et du Gard qui se prononcent de manière non-violente contre l’idéologie de la publicité non-contrôlée (la compétition, la domination, les symptômes du sexisme et le culte de la perfection physique). Ils considèrent le système publicitaire contemporain comme antidémocratique ayant des conséquences néfastes (surconsommation, gaspillage, pollution et problèmes de santé).
«A Paris, nous avons entre 80 et 100 sympathisants, estime Anna, une des activistes. La publicité, si on la prend dans son sens premier, rendre publique l’information est légitime: nous ne sommes pas pour la suppression de la publicité en temps que telle. Notre revendication est de réduire la taille des affiches publicitaires à 50 x 70 cm. Actuellement seul le format des affiches 4 x3 s’est imposé, On n’a pas la liberté d’accepter de voir ses affiches ou pas”.
Sophie, 21 ans, est venue pour soutenir les déboulonneurs: «En temps que citoyenne j’ai beaucoup de mal à supporter la société de consommation et bien sûr la consommation elle-même. Je trouve ça important de pouvoir se prononcer contre la publicité qui est une des vitrines les plus incontournable de la société de consommation».
Les déboulonneurs n’ont pas peur de la police. «Ils font leur travail», estiment les activistes. Le 12 janvier à Paris aura lieu le procès à une précédente action de dégradation de panneaux ayant eu lieu en octobre.