« Trop de publicité. Trop de déchets »
La 6ème Journée nationale de déversement de prospectus publicitaires a eu lieu le 9 décembre 2006. De 14h à 17h, sur l’esplanade de la place d’Italie, les membres de l’association «R.A.P.» (Association Résistance à l’Agression Publicitaire) ont cherché à« sensibiliser le public à l’importance des nuisances causées par la distribution des publicités dans les boîtes aux lettres ».
Devant le grand centre commercial «Italie2», (évidemment centre de diffusion de milliers de prospectus publicitaires), les activistes de l’association «R.A.P.» (Association Résistance à l’Agression Publicitaire) appelaient les passants, qui de temps en temps se rassemblaient autour d’eux pour les voir accomplir le geste symbolique de déverser des prospectus publicitaires dans un tas qui se dressait sur le pavé. Les musiciens attiraient l’attention du public en jouant du violoncelle et de l’accordéon et même en menant une ronde autour du tas de prospectus.
Le problème auquel on fait face est la contradiction entre les emplois de distributeurs des prospectus publicitaires, créés par les annonceurs, et «la pollution, le gaspillage et l’augmentation du tonnage des déchets provoqués par la surabondance de ces imprimés non sollicités», prévient l’argumentaire sur le site de l’association «R.A.P.»
Tout le long de l’action les gens du public s’approchaient des «manifestants» et vidaient les sacs de prospectus qu’ils avait apporté de chez eux exprès pour cette action. «La Poste est le plus grand distributeur de prospectus», constate Jean-Christophe, activiste de R.A.P. et coordinateur de l’action du 9 décembre, en désignant une grande boîte jaune symbolisant la boîte aux lettres sur laquelle est écrit «Retour à l’envoyeur. La Poste, plus gros diffuseur et pollueur». Depuis 1995 l’association appelle des gens à signer une pétition (aujourd’hui il y a plus de 10 000 signatures) qui sera soumise au ministère de l’Ecologie dont l’objectif est de faire pression : « On revendique que le traitement des prospectus soit payé par les distributeurs et des industriels. A l’heure actuelle ce sont nous, les gens, qui payons à travers nos impôts pour traiter tous les déchets », dit Jean-Christophe. On demande aussi une loi garantissant l’efficacité des autocollants disant «Pas de publicité dans ma boîte aux lettres».
L’association propose de créer « un organisme public indépendant, qui sera en quelque sorte un conseil supérieur de la publicité, qui aura les moyens pour faire respecter la réglementation aux annonceurs. »
Eloise, 20 ans, étudiante en optique, est venue pour soutenir l’action : «J’ai reçu une annonce de manifestation par e-mail. Je viens de signer la pétition».
«Ça fait longtemps que j’ai marqué cette date sur mon agenda, explique Rémy, 22 ans, un étudiant en géographie. Depuis ce jour-là j’ai gardé les prospectus publicitaires en prévision de cette date. Pour l’instant je ne connais pas énormement de personnes qui militent dans les mouvements anti-pub, mais petit à petit ça fait son chemin, ça avance».
Michel, 26 ans, animateur et accordéoniste, a participé à l’action : «Le rapport à la nature – c’est comme le rapport à son voisin et à la société. Mais il n’y a pas beaucoup de monde qui assume le courage et prend la parole pour défendre l’environnement».
Jean-Christophe, coordinateur de l’action du 9 décembre : « Cette action a été annoncée dans notre journal, sur notre site et le site et le forum de la «Brigade anti-pub». On a aussi invité la presse : on voudrait plus de monde à l’avenir ».
La communauté anti-publicitaire se compose de personnes d’âges très variés. Jean-Christophe : « Il y a vraiment tous les âges. Parmi les environ 800 membres de R.A.P. il y a toutes sortes de métiers : des retraités, des professeurs, des médecins, des gens de la presse… Il y a même des anciens distributeurs de prospectus qui se sont rendus compte du problème et des gens qui travaillent dans l’affichage publicitaire. Moi, j’ai fait une maîtrise en sociologie et aujourd’hui je suis salarié de l’association».
La Journée Nationale de Déversement de prospectus est organisée deux fois par an.
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Culture. A Moscou, la taille 4 x 3 des affiches n’existe pas. Elles ne sont pas dupliquées sur les murs dans le métro jusqu’à 10 fois. En fait, il y en a beaucoup moins dans l’espace du métro. On dirait que les Parisiens (un compliment pour eux) fréquentent beaucoup plus les musées que les Moscovites.
Au-dessus des titres raturés des affiches les taggeurs réunis en collectif ont écrit «pub = pollution». Sur une affiche pour un magasin de cadeaux on pouvait lire «tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation. La marchandise ne nous aura pas!» Les autres tags disaient «La pub m’entube», «Trop de pub», «La nature n’est pas un code barre», «Nous attendons encore le luxe?», «Invasion publicitaire», «La surconsommation laissera un desert à nos enfants», «La pub ment – Noël ne nous aura pas!»
Paul, peintre, 26 ans, dit que le mot « pub» lui fait penser à la «communication» et à «Internet». Pourtant elle ne l’irrite pas car «elle sert à informer».