Anastasia

Galina


14 Dec 2006

« Trop de publicité. Trop de déchets »

La 6ème Journée nationale de déversement de prospectus publicitaires a eu lieu le 9 décembre 2006. De 14h à 17h, sur l’esplanade de la place d’Italie, les membres de l’association «R.A.P.» (Association Résistance à l’Agression Publicitaire) ont cherché à« sensibiliser le public à l’importance des nuisances causées par la distribution des publicités dans les boîtes aux lettres ».

imageDevant le grand centre commercial «Italie2», (évidemment centre de diffusion de milliers de prospectus publicitaires), les activistes de l’association «R.A.P.» (Association Résistance à l’Agression Publicitaire) appelaient les passants, qui de temps en temps se rassemblaient autour d’eux pour les voir accomplir le geste symbolique de déverser des prospectus publicitaires dans un tas qui se dressait sur le pavé. Les musiciens attiraient l’attention du public en jouant du violoncelle et de l’accordéon et même en menant une ronde autour du tas de prospectus. 

Le problème auquel on fait face est la contradiction entre les emplois de distributeurs des prospectus publicitaires, créés par les annonceurs, et «la pollution, le gaspillage et l’augmentation du tonnage des déchets provoqués par la surabondance de ces imprimés non sollicités», prévient l’argumentaire sur le site de l’association «R.A.P.»

imageTout le long de l’action les gens du public s’approchaient des «manifestants» et vidaient les sacs de prospectus qu’ils avait apporté de chez eux exprès pour cette action. «La Poste est le plus grand distributeur de prospectus», constate Jean-Christophe, activiste de R.A.P. et coordinateur de l’action du 9 décembre, en désignant une grande boîte jaune symbolisant la boîte aux lettres sur laquelle est écrit «Retour à l’envoyeur. La Poste, plus gros diffuseur et pollueur». Depuis 1995 l’association appelle des gens à signer une pétition (aujourd’hui il y a plus de 10 000 signatures) qui sera soumise au ministère de l’Ecologie dont l’objectif est de faire pression : « On revendique que le traitement des prospectus soit payé par les distributeurs et des industriels. A l’heure actuelle ce sont nous, les gens, qui payons à travers nos impôts pour traiter tous les déchets », dit Jean-Christophe. On demande aussi une loi garantissant l’efficacité des autocollants disant «Pas de publicité dans ma boîte aux lettres».

L’association propose de créer « un organisme public indépendant, qui sera en quelque sorte un conseil supérieur de la publicité, qui aura les moyens pour faire respecter la réglementation aux annonceurs. »

Eloise, 20 ans, étudiante en optique, est venue pour soutenir l’action : «J’ai reçu une annonce de manifestation par e-mail. Je viens de signer la pétition». 
«Ça fait longtemps que j’ai marqué cette date sur mon agenda, explique Rémy, 22 ans, un étudiant en géographie. Depuis ce jour-là j’ai gardé les prospectus publicitaires en prévision de cette date. Pour l’instant je ne connais pas énormement de personnes qui militent dans les mouvements anti-pub, mais petit à petit ça fait son chemin, ça avance».
imageMichel, 26 ans, animateur et accordéoniste, a participé à l’action : «Le rapport à la nature – c’est comme le rapport à son voisin et à la société. Mais il n’y a pas beaucoup de monde qui assume le courage et prend la parole pour défendre l’environnement». 
Jean-Christophe, coordinateur de l’action du 9 décembre : « Cette action a été annoncée dans notre journal, sur notre site et le site et le forum de la «Brigade anti-pub». On a aussi invité la presse : on voudrait plus de monde à l’avenir ». 
La communauté anti-publicitaire se compose de personnes d’âges très variés. Jean-Christophe : « Il y a vraiment tous les âges. Parmi les environ 800 membres de R.A.P. il y a toutes sortes de métiers : des retraités, des professeurs, des médecins, des gens de la presse… Il y a même des anciens distributeurs de prospectus qui se sont rendus compte du problème et des gens qui travaillent dans l’affichage publicitaire. Moi, j’ai fait une maîtrise en sociologie et aujourd’hui je suis salarié de l’association». 
La Journée Nationale de Déversement de prospectus est organisée deux fois par an.

Posté par Galina le 14/12 à 12:28
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11 Dec 2006

“La publicité est là pour embellir une idée”

Thomas, Parisien de 24 ans, travaille comme graphiste dans un studio de publicité. Diplômé d’une école d’arts graphiques, l’ESAG Penninghen, Thomas a toujours eu plus d’intérêt pour l’image que pour le texte. Thomas a fait des affiches pour une campagne de publicité pour “JCDecaux” et des affiches pour les hôpitaux de Paris.

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- Pourquoi as-tu choisi ce métier ?

Le métier de graphiste n’est pas un métier d’exécution avant tout, mais plutôt un métier de réflexion. Nous recherchons le meilleur moyen de véhiculer un message, avant de savoir comment nous allons l’exécuter avec diverses techniques : la photographie, le dessin, la peinture, l’ordinateur.

- Selon toi, la pub française se distingue-t-elle de celle des autres pays ?

Tout dépend du produit. Si c’est un produit du pays, l’accent sera mis sur son caractère pittoresque. Mais si on nous vend du parfum, et que la société qui le vend se veut internationale, il y a de fortes chances pour que l’on retrouve exactement la même publicité à travers le monde. Nous sommes dans la mondialisation. Par exemple, on n’utilise pas la couleur noire dans la pub, qui est en France symbole de négativité, de mort, alors que dans certains pays africains c’est le contraire.

- L’humour dans la pub, cela devient une règle ?

Auparavant on nous annonçait juste qu’un produit existait. Par exemple, la première publicité télévisuelle en France a été celle des « pruneaux d’Agen », et on nous disait juste d’acheter leurs pruneaux. Mais, comme on peut l’imaginer, c’est très vite devenu ennuyeux. Aujourd’hui, on nous vend du rêve, une qualité de vie, un univers, de l’humour, parce que les gens ont ces attentes de distraction, comme quand ils vont au cinéma ou lisent un livre.

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- Es-tu d’accord que la publicité limite en quelque sorte le droit de choix ?

Ce n’est pas la publicité qui limite le choix. La publicité est là pour embellir une idée, un produit. Ce sont les entreprises qui poussent à la consommation. La publicité est une très bonne chose, dans le sens où justement elle nous montre une diversité d’idées, de réflexion, de goûts. 

Posté par Galina le 11/12 à 07:57
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08 Dec 2006

Culture. Humour. Contestation. Mondialisation

Peut-on vraiment dresser l’image d’une ville à travers la pub ? Evidemment ce n’est pas possible. Pourtant on voit parfois des idées inattendues gagner l’attention du public. « Culture, humour et contestation». A l’aide de ces trois mots, la ville plutôt associée au romantisme m’a ouvert ses portes. 

imageCulture. A Moscou, la taille 4 x 3 des affiches n’existe pas. Elles ne sont pas dupliquées sur les murs dans le métro jusqu’à 10 fois. En fait, il y en a beaucoup moins dans l’espace du métro. On dirait que les Parisiens (un compliment pour eux) fréquentent beaucoup plus les musées que les Moscovites.

Humour. Les Parisiens me donnent l’impression d’apprécier beaucoup le regard satirique sur le monde qui les entoure. «Aujourd’hui il y a énormément de marques qui communiquent à l’aide de l’humour, constate Christophe Dufour, directeur général de l’agence de communications «Scherlafarge». On s’ennuie beaucoup quand on regarde la publicité à la télé. L’humour – c’est une chose extrêmement positive qui fonctionne toujours et qui fonctionnera toujours. Et on ne l’utilise pas uniquement dans la pub ciblée pour les jeunes. » D’ailleurs, c’est une tendance mondiale, l’humour marche dans tous les pays. 

Contestation. Ce mouvement anti-pub se manifeste d’une façon très évidente : les tags, les panneaux dégradés, et les actions des mouvements des citoyens qui se prononcent « contre ». 

Mondialisation. « Dans le contexte de la mondialisation il est difficile de parler d’école française », dit la présentation de l’exposition «La photographie publicitaire en France» dans le musée des Arts Décoratifs. On note par contre l’apparition des tendances qui font partie d’une stratégie de communication globale et commune aux différentes marques ». D’ailleurs personne n’a pas supprimé le principe « Think global, act local ». 

Posté par Galina le 08/12 à 07:28
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Les anti-pubs veillent

Hier matin les passagers d’au moins trois stations de métro, 4 Septembre, Bourse et Sentier, ont vu les affiches publicitaires couvertes de tags avec des slogans anti-pub et les visages des mannequins défigurés. Evidemment les tags ont été faits hier soir ou pendant la nuit : le jour précédent, il n’y en avait aucune trace. 

imageAu-dessus des titres raturés des affiches les taggeurs réunis en collectif ont écrit «pub = pollution». Sur une affiche pour un magasin de cadeaux on pouvait lire «tout ce qui était directement vécu s’est éloigné dans une représentation. La marchandise ne nous aura pas!» Les autres tags disaient «La pub m’entube», «Trop de pub», «La nature n’est pas un code barre», «Nous attendons encore le luxe?», «Invasion publicitaire», «La surconsommation laissera un desert à nos enfants», «La pub ment – Noël ne nous aura pas!»

Pourtant aujourd’hui les Parisiens en se dépêchant pour aller au travail le matin ont pu observer des affiches tout à fait renouvelées : la désobéissance citoyenne a eu une seule journée pour lancer un appel à la société.

On pourrait se demander: de quelle organisation font partie ces «barbouilleurs» ? Et qu’est-ce qui les pousse à manifester d’une façon si radicale leur conscience citoyenne ?

Posté par Galina le 08/12 à 12:33
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07 Dec 2006

Qu’est-ce qui se dit dans les rues sur la pub ?

Pour en savoir plus, aujourd’hui je me suis adressée aux gens dans les rues et dans le métro avec trois questions : « A quoi vous fait penser le mot « pub » ?, «Est-ce que la pub vous irrite ? » et «Dans quelle mesure vous sentez-vous influencé par la pub ?» Finalement deux tendances se sont révélées : « neutre » et « radicale ». Si la plupart des interrogés pensent qu’il y a trop de pub partout, ils acceptent pourtant la pub bien faite et surtout celle qui concerne les événements culturels. 

imagePaul, peintre, 26 ans, dit que le mot « pub» lui fait penser à la «communication» et à «Internet». Pourtant elle ne l’irrite pas car «elle sert à informer». 

«Y’ a pas grand chose qui me dérange dans la publicité, dit Marie, 38 ans, qui s’occupe de marketing. Les photos de violence et des choses comme ça me sautent moins aux yeux que des femmes complètement dévêtues pour la pub de sous-vêtements. Pour les enfants je trouve que c’est moyen. En fait, le métro, vous voyez, c’est un peu triste. Donc si la pub est en couleur, s’il y a des affiches pour un film qui sort, c’est très bien».

François, professeur de 53 ans: «Les affiches, les couleurs, la réalité. Dans les rues, ça va, mais à la télé c’est parfois un peu gênant. Qu’on le veuille ou pas, on est manipulé par la publicité. On vit dans une société de consommation et la pub, c’est le seul moyen de faire vendre et faire marcher l’économie».

«Quand je regarde la télé, j’ai l’impression d’être traitée comme un objet à qui on peut tout vendre, dit Edith, étudiante en faculté de sport, 20 ans. Mais la pub ne m’influence pas : j’ai envie de choisir moi-même».

Guillaume, vendeur de CD, 30 ans: «La pub me fait penser à l’envahissement. L’espace public est devenu monopolisé par de grandes sociétés: sur les bus, sur les murs, partout… On ne peut pas tourner la tête à Paris sans tomber sur une sollicitation publicitaire. Evidemment les pubs qui paraissent nulles et inefficaces ne sont pas celles qui sont ciblées pour nous. Mais, ça travaille sur le cerveau».

Caroline, 68 ans est maintenant à la retraite et s’occupe de la mission humanitaire en Niger: «Manipulation. Et je trouve ça très triste. L’influence est automatique et inconsciente».

«Je trouve ça dommage qu’il n’y a pas de pub pour les associations humanitaires, comme celles contre le SIDA ou «la Croix rouge», estime Cédric, un responsable-adjoint du magasin de costume, 25 ans. On n’aide pas son prochain».

L’opinion la plus optimiste était celle de Nick, antiquaire américain de 60 ans, qui vient souvent à Paris. «En France j’adore la publicité, estime-t-il. A Paris beaucoup plus d’affiches sont consacrées à la culture. Par exemple, chez nous, aux Etats-Unis, il n’y a pas presque pas du tout de pub des musées». 

Posté par Galina le 07/12 à 07:10
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06 Dec 2006

Les gens qui passent …

Depuis le début des années 90, quand la vague de la mondialisation a inondé la Russie, les surfaces publicitaires ont envahi Moscou comme partout en Europe par leurs lumières et leurs messages. Aujourd’hui j’ai essayé de jeter un regard distancié sur les rues de Paris. 

6 décembre 2006. C’est une journée tout à fait ordinaire. Il est 16 heures. En parcourant les boulevards de Paris, le métro, les magasins, nous sommes tous préoccupés par nos problèmes. On voudrait ne pas voir les messages publicitaires. Mais les mannequins sur les affiches, tout en nous vendant leurs belles promesses, semblent nous ignorer aussi …

Posté par Galina le 06/12 à 03:06
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05 Dec 2006

Ils disent “non à l’invasion publicitaire”

Vendredi 24 novembre 2006, le “Collectif des déboulonneurs” a organisé une action de barbouillage des panneaux publicitaires près de la station de métro “Edgar Quinet”. Environ 60 personnes étaient venues malgré la pluie pour les soutenir. Dans le public, on pouvait voir l’adjointe au maire du 10e arrondissement Charlotte Nenner et René Dutrey, premier adjoint au maire du 14e arrondissement.

image“Le système publicitaire a le premier budget au monde en dépenses, plus que les dépenses militaires de 1 100 milliards, a crié un des activistes au mégaphone. Notre message est très clair : le droit au choix, la liberté de réception et le cerveau disponible. La revendication de notre action est de ramener la taille des affiches publicitaires à 50 x 70 cm”.

“Monsieur le Président,
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps.

J’en ai assez de voir
L’horreur publicitaire
Décor totalitaire,
Du matin jusqu’au soir”...

C’étaient les premiers mots de l’hymne des déboulonneurs, qu’ils ont chanté une demi-heure après le début de la réunion. Ensuite les manifestants se sont précipités vers les deux panneaux publicitaires les plus proches du boulevard Edgar Quinet. Sous les flashes des appareils photos et les regards indifférents des policiers, quatre barbouilleurs ont grimpé à tour de rôle l’escalier pour faire des tags. Deux panneaux publicitaires déroulants ont été couverts de mots “Anesthésie mentale. Liberté de réception. 50 x 70 cm”. Après les applaudissements vifs du public, les quatre barbouilleurs tenant au-dessus de la tête leurs cartes d’identité ont été emmenés par les policiers vers le commissariat. Comme l’ont rapporté les participants de cette action quelques jours plus tard, les quatre interpellés ont été interrogés, puis relâchés. On les a accusé de la dégradation des panneaux publicitaires. 


Le “Collectif des déboulonneurs” est une association nationale née à Paris en 2005, qui réunit des personnes de Rouen, Lyon, Montpellier, Lille, Le Mans et du Gard qui se prononcent de manière non-violente contre l’idéologie de la publicité non-contrôlée (la compétition, la domination, les symptômes du sexisme et le culte de la perfection physique). Ils considèrent le système publicitaire contemporain comme antidémocratique ayant des conséquences néfastes (surconsommation, gaspillage, pollution et problèmes de santé).

«A Paris, nous avons entre 80 et 100 sympathisants, estime Anna, une des activistes. La publicité, si on la prend dans son sens premier, rendre publique l’information est légitime: nous ne sommes pas pour la suppression de la publicité en temps que telle. Notre revendication est de réduire la taille des affiches publicitaires à 50 x 70 cm. Actuellement seul le format des affiches 4 x3 s’est imposé, On n’a pas la liberté d’accepter de voir ses affiches ou pas”.

Sophie, 21 ans, est venue pour soutenir les déboulonneurs: «En temps que citoyenne j’ai beaucoup de mal à supporter la société de consommation et bien sûr la consommation elle-même. Je trouve ça important de pouvoir se prononcer contre la publicité qui est une des vitrines les plus incontournable de la société de consommation».

Les déboulonneurs n’ont pas peur de la police. «Ils font leur travail», estiment les activistes. Le 12 janvier à Paris aura lieu le procès à une précédente action de dégradation de panneaux ayant eu lieu en octobre.

Posté par Galina le 05/12 à 07:32
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