Aujourd’hui, l’énorme héritage de Robert Doisneau, un des photographes français les plus célèbres, se trouve dans un petit atelier aux abords de Paris. Annette et Francine, les fille du photographe, consacrent leur vie à «faire vivre » l’œuvre de leur père. Ce sont elles qui ont organisé la dernière exposition Doisneau qui a lieu actuellement à l’Hôtel de ville de Paris. Rencontre avec Annette Doisneau.
Comment est venue l’idée de cette dernière exposition ?
Cette idée a commencé par un livre qui est sorti il y a un an. Il y a eu beaucoup de livres sur mon père. Environ 40. Mais jusqu’ici il n’avait pas son propre livre. Mon père s’exprimait très bien. Il avait une très bonne écriture. Donc, avec ma sœur, nous avons voulu faire découvrir ses textes, que nous avons placés dans le dernier livre. Et quand il a fallu regrouper les photos, nous avons décidé de ne pas suivre un ordre chronologique ou thématique. Nous voulions créer l’illusion d’une balade en Paris, mélangeant des célébrités avec les gens de la rue, des photos d’avant-guerre avec ses dernières photos. Et c’est ce que nous avons répété pour cette exposition. Nous avons dû sélectionner 120 photos parmi des milliers. C’était vraiment très difficile !
Quelles étaient les photos préférées de votre père?
Les photos des enfants.Vous voyez, son enfance a été très dure. Sa mère est morte, son père a épousé une autre femme avec des enfants du même âge. Et tout était pour les autre, il n’avait rien pour lui. Il en a beaucoup souffert. Donc, toutes ces photos des pauvres enfants dans les rues, peut-être, ce sont un peu des autoportraits. A ce qui concerne « Le baiser de l’hôtel de Ville», il ne pouvait pas le supporter !
De quoi vous occupez-vous ici dans l’atelier de votre père ?
Avec ma sœur, nous travaillons ici. Nous préparons des livres, des expositions. Notre travail est de continuer de faire vivre son œuvre. C’est partager le trésor que nous avons ici. A vrai dire, le public connaît très peu son œuvre. Et quand j’ai vu la file d’attente à l’entrée de l’exposition, j’étais contente. J’ai pensé à mon père. Il avait tant d’amour pour Paris. Dans ses photos, les gens le ressentent. Aujourd’hui il est impossible d’imaginer, qu’autrefois la profession de photographe était méprisable. C’était la honte de la famille que mon père soit photographe… Les médias ont énormément écrit sur cette exposition.
Qu’est-ce que c’est que l’histoire du célèbre «Baiser de l’hôtel de Ville » ?
C’est une histoire, qui l’a beaucoup fait souffrir pendant très longtemps. Mon père a été engagé pour faire un reportage sur «L’amour à Paris » pour un magazine américain en 1950. Il est allé dans une école de comédiens pour choisir ce couple que nous voyons sur la photo. Cette photo a été faite. Elle est parue dans «Life». Tout s’est très bien passé. Beaucoup plus tard, cette photo a été reproduite en poster. Et le succès a été énorme, dans le monde entier ! Et il y a eu des couples qui ont fait croire que c’était eux. Ils ont attaqué mon père. Il y a eu un procès, qui a duré dix ans et qui l’a beaucoup chagriné. Et quand je lui ai demandé : pourquoi tu n’as pas dit que ce n’était pas eux, que c’étaient des comédiens, il m’a dit : je ne voulais pas casser le rêve…Et c’est pour cela que nous avons voulu monter cette exposition. Pour montrer qu’à côté de ce « baiser », connu dans le monde entier, il y a plein d’autres choses intéressantes à découvrir sur le travil de mon père.
Que représentait Paris pour votre père ?
C’était son plaisir d’y aller, et d’y travailler. Mon père a toujours habité en banlieue. Bien sûr, il allait à Paris tous les jours et il aimait beaucoup marcher. C’était un grand marcheur. Et Paris était sa passion.
Posté par Ksenia le 08/12 à 01:21
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