L’art à l’encan
12 Dec 2006La maison de ventes aux enchères ARTCURIAL organisait une vente d’art moderne & contemporain le 11 décembre.
Le petit marteau ne cesse de battre. Le public ne cesse de faire un signe de la tête ou de la main pour que le monsieur en smoking déclare d’une voix très forte des sommes toujours plus élevées. Des gens en gants blancs ne cessent d’apporter de nouveaux lots dans la salle. Il y en a presque 500 ce soir-là. Tout se passe très vite. Le petit marteau donne le rythme.
La grande salle de l’hôtel Dassault est pleine de monde. Des gens âgés occupent les premiers rangs. Parmi eux quelques uns se sont même endormis. C’est que la vente dure jusqu’à minuit. Les autres se pressent à l’entrée ou dans le couloir. Chacun tient dans ses mains un catalogue, édité spécialement pour la vente, et une carte jaune avec son numéro personnel qu’on obtient après s’être enregistré à l’entrée.
A première vue, les signes faits au présentateur sont absolument invisibles. Mais plusieurs observateurs, dispersés dans la salle, enregistrent chaque mouvement. Alors, quand j’ai levé la main pour remettre en ordre ma coiffure, j’ai failli acheter un tableau !
Dans un coin travaille un petit groupe de gens, serrant leur téléphone dans leurs mains. Ceux qui n’ont pas pu venir participent à la vente à distance.
De temps en temps l’atmosphère est tendue Par exemple, on annonce: “Lot 412. Serge Polyakov”. Son tableau immense, abstraction en gris et rouge, provoque un ouragan dans la salle: certains tiennent leurs cartes toujours levées, alors que le présentateur ne cesse de faire grimper la somme. Deux messieurs, qui arrivent “dans la dernière ligne droite ”, échangent des coups d’oeil pleins d’audace. Personne ne veut céder. Le somme atteint 100 000 euros, quand un inconnu met fin à cette course par téléphone: 110 000 euros. Coup du marteau.
Les oeuvres de Martha Boto, une grande artiste de l’Op-art, passent en dernier. Il y a beaucoup de collectioneurs qui sont venus ce soir exclusivement pour elle. Cependant, au final, les prix pour ses oeuvres ne sont pas exhorbitants (pour la plus chère ― ”composition lumineuse”― on a payé 50 000 euros). Parfois, les collectionneurs sont prudents. Pourtant, chaque fois que l’on achète des objets d’art contemporain, on prend un risque. Demain cela ne pourrait plus intéresser personne. Ou devenir hors de prix.