Anastasia

Polina


06 Dec 2006

Mathieu, 27 ans : “J’ai peur que le rock retombe dans l’anonymat en France”

Mathieu, 27 ans, travaille comme technicien Internet et réseau pour la SNCF à Paris. Grand amateur de musique, il possède environ 700 disques chez lui. Il nous livre son opinion sur l’évolution de la musique en France.
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Comment a évolué la musique sur Paris ces dix dernières années ?

On peut s’apercevoir que depuis 4 ou 5 ans, les concerts sont de plus en plus nombreux grâce notamment au retour en force du rock. La France pourtant n’est pas un pays très réputé en la matière. Il y a toujours autant de concerts dans les salles prévues à cet effet (Cigale, Boule noir, Elysée Montmartre, Zénith, Trabendo ect...) mais de nouveau lieux ont été créés comme le Tryptique, le nouveau casino ou encore la “nouvelle” Flèche d’or. Ce sont des salles multi- facettes : concert, expos, clubbing, le tout avec de la restauration ou des bars. Bref, ce sont des lieux de vie entre la salle de concert, le restaurant et le club.
Les concerts de stars (Justin Timberlake, Bjork, Madonna etc.) sont de plus en plus chers, mais on a l’avantage ici à Paris d’avoir un nombre incalculable de shows. Tout artiste désireux de se faire connaître en France passe à Paris et, donc il y a toujours moyen de dénicher des petits concerts pas chers, voire gratuits.
Pour moi les changements très importants sont le retour du rock qui a donné un nouvel essor aux musiciens français et le renouvellement des lieux avec souvent des entrées gratuites ou peu chères pour découvrir de nouveaux artistes. La nuit zébrée de Radio Nova par exemple est devenue mensuelle et tu as gratuitement 5 ou 6 prestations live (artistes, groupes, Dj’s).

Quels concerts aimes-tu voir à Paris ? Quels lieux fréquentes-tu ?

J’ai des goûts assez variés en matière de musique donc ce que je vois en concert l’est tout aussi.
Si je devais choisir une salle de concert à Paris, ce serait l’ Elysée Montmartre. C’est là-bas que j’ai vu un « max » de concerts (the Wailers, Archive, Machine Head, Deftones, Peaches, Soulfly, Burning Spears, Portishead...).
Au niveau des soirées, je vais très souvent aux “9 billards” près de Belleville, parce que le vendredi soir jusqu’à 2h du matin, il y a une soirée géniale où l’on s’amuse toutes les semaines.
Sinon, je vais dans des lieux en fonction des artistes qui y passent. Mais je fais de plus en plus attention à la salle surtout quand le concert est payant vu que certaines salles ont une acoustique plus que moyenne (Le Tryptique, par exemple.)
Donc en gros les concerts que je vois le plus ce sont des concerts rock, des sets électro (Ivan Smagghe, Optimo, Chloé ..)

Parmi les styles de musique que tu écoutes lesquels se développent rapidement et lesquels sont “en déclin”?

La musique électronique est en constante évolution. Je ne trouve pas qu’il y ait réellement de nouveaux styles qui émergent, mais je trouve qu’elle arrive assez régulièrement à se régénérer par des artistes qui se remettent souvent en question, grâce notamment à la possibilité donnée de créer sa musique à domicile.
J’aime particulièrement le mélange électro-rock. J’ai toujours écouté du rock et ce retour grâce aux Anglais m’a fait plaisir. Même si cette prolifération de groupe en “The” (The Libertines, The Servant, The Kills...) n’apportent pas grand-chose ... Chaque semaine, il y a un nouveau groupe anglais qui est un phénomène dans son pays… J’ai peur que ça s’essouffle et qu’une fois le phénomène passé, le rock retombe dans l’anonymat surtout en France.

Associes-tu des musiques à des endroits ?

J’écoute tout le temps de la musique. C’est pourquoi je me suis procuré un Ipod avec une grosse capacité. Cela me permet d’emporter la majeure partie de ma discothèque avec moi et de pouvoir écouter ce dont j’ai envie quand j’en ai envie.
Je n’ai pas de style de musique associé à un endroit ou à un moment de la journée, cela dépend plus de mon humeur ou d’une envie… Le matin je peux aussi bien écouter un album de Massive Attack, que du son punk rock comme the Paddingtons, ou encore un album de Joao Gilberto.
J’écoute tous les styles. Je me suis ouvert à la musique, il y a une dizaine d’années. Avant j’étais très attaché à un style et je n’écoutais que ça… maintenant j’écoute vraiment de tout, je suis assez ouvert et très curieux, donc ça va de : rock, punk, métal, rock psyché, jazz, hip hop, reggae, bossa, électro, drum’n bass, jungle, 2 steps .... J’aime beaucoup m’endormir le soir en écoutant les albums de Pink Floyd parce que leurs disques me relaxent ... Je les écoute quasiment depuis que je suis né. Ils font partie de ma vie…

Posté par Polina le 06/12 à 08:40
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Artiste et producteur

A 34 ans, Sylka est producteur de musique. Un univers dans lequel il baigne depuis tout petit : il chantait déjà dans un groupe d’enfants ! Le premier artiste qu’il a lancé, c’est son frère Singuila qui chante du R&B.
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Comment est-ce qu’on prépare la sortie d’un album en France ?

Le nerf de la guerre en musique, c’est la radio. Quelques mois avant la sortie d’un album on fait ce qu’on appelle la promotion pour accéder aux stations de radio. Après avoir installé la radio on attaque les médias :  presse, Internet, télé. Les frais pour sortir un album ne sont pas négligeables :

• 5 à 20 000 € pour l’enregistrement,
• Promo radio : 2.000 € par mois pour minimum 3 mois ;
• Promo presse :  1500 € par mois aussi pendant 3 mois – en somme 4000 €.
Cela fait déjà 35 000 euros et il faut encore un peu de pub !

Parfois on peut passer une chanson à la radio sans payer, mais au maximum durant un mois. Bien sûr, la chanson doit être très bonne. 
Selon les différents styles musicaux, il y a différentes familles de radio:
Les radios jeunes : Sky Rock, Fun Radio ou Ado FM pour la danse, le r&b, la soul et le hip hop.
Les Radios généralistes et grand public : Chérie FM, Europe 2, RFM pour la variété française et internationale.
Les radios adultes à grosse écoute : France Inter, RFI pour les « Chansons à texte ». Ici, le bon texte est plus important que la musique.

La radio peut être parfois très puissante et demander à un artiste « d’ajuster son travail ». Par exemple, avec Singuila, nous faisons plus de chansons tempo pour une station de radio qui l’a demandée.

Mais il y a des cas où des artistes parviennent à devenir connus sans frais de promo en passant dans de petites radios locales et en faisant des concerts dans des petites salles.  C’est par exemple le cas d’une artiste comme Keny Arkana, une rappeuse de Marseille.

La réussite à la radio étant d’une importance cruciale, comment on mesure t-on la popularité d’une chanson?

Les radios font des tests: on appelle des auditeurs et l’on diffuse des extraits de chansons de 30 secondes pour les faire apprécier.

Quels sont vos projets en ce moment ?

Je travaille avec une fille qui a participé à Pop Star. Elle s’appelle Marylore. Au sein de Popstar, elle chantait dans le groupe des filles « Diadème ». Pour son nouvel album, nous faisons un style qui est le mélange de musique pop et la musique traditionnelle européenne : musique classique, musique celtique et gothique. Par exemple, Enya ou Dead Can Dance en Angleterre ou Mano en France, qui ont vendu plus d’un million de disques. On espère avec Marylore faire un disque qui soit ouvert et destiné au grand public.

Quelles sont les nouvelles tendances sur le marché musical français ?

Cela se passe en vagues. Maintenant c’est la vague de la nouvelle chanson française. On l’écoute beaucoup. Soul & R&B ne se vendent pas très bien parce que leur public préfère télécharger la musique sur Internet. 

Posté par Polina le 06/12 à 07:55
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Le nouveau souffle de Phoenix

Le groupe français Phoenix a achevé une grande tournée mondiale à l’Olympia le 30 novembre. Leur troisième album « It’s never been like that », sorti en France en mai, leur a assuré enfin la reconnaissance dans leur pays d’origine.

Dans le hall d’entrée de l’Olympia, une foule de gens, pour la plupart jeunes, intellectuels, âgés de 15 à 30 ans.
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Je rencontre Marc, 26 ans, amateur de musique. Il assiste à 30 à 40 concerts par an. Marc fait connaissance de nouveaux groupes en téléchargeant les nouveautés mp3 sur Internet. Il le fait régulièrement et ainsi, il se vante de pouvoir découvrir des groupes « avant tout le monde en France ». De l’avis de Marc, aujourd’hui on a accès à plus de musique, mais elle nous frappe moins. Avant on pouvait écouter un album pendant des mois sans se lasser mais aujourd’hui d’autres albums prennent rapidement le relais.

Groupe français chantant en anglais, Phoenix cartonne au Royaume-Uni, en Allemagne, en Scandinavie et aux Etats-Unis. En revanche, il a peiné à trouver son public en France. Si leur deuxième album (Alphabetical, 2004) et troisième album (It’s never been like that, 2006) ont été mieux accueillis, aujourd’hui encore leur public est toujours limité à quelques « branchés ». Eux-mêmes avouent s’en satisfaire et n’ont rien contre le fait de ne pas rencontrer une vraie popularité en France.
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Généralement, le style de Phoenix est rock, mais avec des influences variées : soft rock, hip-hop, musique électronique. Pour leurs deux premiers albums, le quatuor versaillais a travaillé pendant des années pour parfaire sa technique et la musique sonnait un peu mécanique. Pour le dernier, ils ont adopté une autre option : l’enregistrement a été très vite fait (exprès) dans un ancien studio de radio soviétique à Berlin avec une ambiance en huit-clos. Plus spontanés, les gars se sont laissé aller par le « first take ». « It’s never been like that » s’est avéré moins mécanique, beaucoup plus vif et personnel. Ce sont les chansons de cet album-là qui m’ont paru les plus intéressantes du concert. 

Posté par Polina le 06/12 à 01:36
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04 Dec 2006

Cibelle : glamour décontracté ?

La Maroquinerie, club de taille moyenne, a accueilli quelque 200 personnes le 26 novembre 2006 pour un concert de Cibelle dans une atmosphère cosy. Vêtue d’une jupe plissée blanche et d’un tee-shirt de la même couleur, Cibelle s’est créée une image glamour assez loin de son style de musique décontractée.

image est une ancienne mannequin brésilienne qui vit actuellement à Londres. Elle a dernièrement réalisé son deuxième album “The Shine of Dried Electric Leaves”. Son style peut être identifié comme un mélange de soul, pop et trip-hop. Elle possède une voix particulière, dans un registre proche de Bebel Gilberto. Cibelle se considère comme une “colleuse et une sculptrice de sons”.


La beauté irréprochable de la chanteuse déteint sur sa musique

La présence sur scène de Cibelle vous donne l’envie de répéter son nom de scène. Son apparence est irréprochable, comme ses mouvements et gestes. Ils sont très pointus, comme si elle cherchait à maîtriser chaque ondulation de son corps.  Et même quand elle se laisse aller à l’émotion, elle reste une lady de la haute société distante. Son registre vocal est plutôt froid.

Soudain, une voix s’élève du fond de la salle : “Dommage qu’on soit assis par terre”. Et en quelques instants la foule se lève. Peu de temps après: Cibelle propose au public de sortir des objets métalliques: clés etc. Ce clic clac de métal produit un vrai effet de pluie qui accompagne sa voix.

Son concert est un vrai show. Cibelle sait se montrer élégante et légère. Ces qualités émerveillent les Parisiens. Ces chansons sont émouvantes mais sans aller trop loin pour réveiller les émotions plus profondes. C’est une musique qui parle de la beauté de la vie parce que c’est ce que Cibelle ressent. Et c’est pour respirer cette beauté que les Parisiens sont venus à ce concert…

Posté par Polina le 04/12 à 07:21
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Qu’est-ce qu’on écoute à Paris ???

Je me suis posé la question de ce qu’on écoute comme musique dans la capitale. J’ai décidé de couvrir essentiellement le genre musical qu’on définit comme pop/rock.

Depuis très jeune, j’adore la musique. A l’âge de 7 ans, j’ai été admise à l’école de musique de Moscou, et j’ai appris le piano pendant sept ans. Toutefois, la musique classique m’a toujours paru un peu ennuyeuse ! 

Mes goûts musicaux ont d’abord été Michael Jackson, George Michael. A 16 ans, je suis devenue fan de The Cure, Depeche Mode, Bjork, The Smiths. Quelques années plus tard, j’ai commencé à aimer Tori Amos, et le style trip hop, Massive Attack, Tricky et Radiohead. A l’heure actuelle, mes préférences sont MUSE (j’ai un billet pour leur concert à Paris le 15 décembre), et un peu la musique électronique. Parmi les musiciens français, ma préférence va à Patricia Kaas et Francis Cabrel.

Il me sera difficile d’aborder tous les événements musicaux à Paris. Il se passe tant de choses ici !
Mais j’essayerai de vous faire part de mes impressions au cours des deux semaines où je suis ici.  Si vous connaissez des concerts intéressants sur Paris un de ces jours, faites-m’en part immédiatement. Je ne demande qu’à découvrir de nouvelles choses.

Posté par Polina le 04/12 à 01:13
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