Anastasia

Sophie


15 Dec 2006

Est venu le temps des adieux déchirants…

Après un mois en compagnie de l’équipe du CFPJ, je dois avouer qu’il est difficile de s’en séparer.
Le thé et le café sont gratuits, les petites viennoiseries sont livrées de bon matin ! Pour parler plus sérieusement, les échanges humains sont enrichissants, les professionnels disponibles, la formation complète… Ici est formé le journaliste de demain...

imageIl est temps de remercier toute l’équipe du CFPJ qui m’a ouvert les portes de ce domaine trés intéressant qu’est le journalisme. Je remercie les profesionnels qui ont répondu à toutes mes questions et qui ont eu la patience de se répéter quand il était nécessaire de le faire. Merci au Monde.fr qui m’a accueillie chaleureusement et à Alexis Delcambre, le Rédacteur en chef qui m’a soutenue par sa présence et son sourire chaque matin. J’adresse un “clin d’oeil” aux personnes qui m’ont donné de leur temps pour m’accorder une interview. Merci à vous pour vos témoignages. Enfin, je tiens aussi à remercier Alex Kormanski, Attaché culturel à l’Ambassade de France en Israël qui m’a offert ce stage.

Posté par Sophie le 15/12 à 07:34
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…Idir ou le Bondy Blog

Il n’est pas utile que je vous présente ce jeune homme, mes mots ne pourront être aussi justes que les siens. A toi Idir.

“La charmante tôlière de ce blog m’a fait le plaisir de répondre à toutes les questions que je lui ai posées sur sa vie en Israël. Elle m’a fournit un point de vue fort intéressant sur l’image qu’ont les israéliens de la France. Je vais donc tâcher de faire tout aussi bien en m’essayant au même exercice : un point de vue personnel sur la perception de la communauté juive de France par leurs concitoyens d’origine maghrébine.”


“Je me présente Idir, Français d’origine Algérienne (un kabyle diraient certains) en passe d’achever ses études d’histoire. Voila 26 ans que je vis à Bondy dans le 93 une cité qui m’a vu naitre et que j’affectionne particulièrement.  Si la communauté juive de Bondy est présente depuis l’entre deux guerres par le biais des immigrés d’Europe de l’Est, c’est dans les années 1960 qu’elle gagne en importance avec l’arrivée des Juifs d’Algérie. Il n’y a encore pas très longtemps elle comptait à peu prés 1000 individus concentrés dans le nord de la ville. Ce quartier devenu difficile au fil du temps, il me semble que beaucoup d’entre eux l’ont quitté même si aujourd’hui encore la synagogue se trouve à Bondy nord. 
Je tiens à mettre toute suite fin à ce cliché ridicule qui veut qu’un Juif et un Arabe doivent se détester en banlieue, généralement aucune tension particulière n’existe entre les deux communautés dans ma ville. Malheureusement comme les bisounours n’ont pas réussit à imposer à l’humanité leur vision d’un monde de joie et de paix éternel, quelques actes antisémites ont émaillé l’histoire de Bondy. Si mes souvenirs sont bons, il y en a eu trois très graves en 50 ans : une équipe de foot juive a été agressée au retour de son entraînement. La façade de la synagogue fut brulée et un nom sur le monument aux morts a été rageusement rayé à cause de sa consonance hébraïque. Si cette malveillance est calquée sur la période de l’actualité du Moyen Orient, ceux qui en sont les auteurs se préoccupent peu de la situation des Palestiniens. Cela tient plus de la délinquance gratuite et il semble que la « bêtise crasse » aime encore à s’exprimer contre eux.
Honnêtement la situation des Palestiniens préoccupe beaucoup de personnes en France et dans la population maghrébine en particulier. Mais la grande majorité d’entre nous ne tolère pas que l’on importe le conflit dans l’hexagone. Si l’humiliation et la précarité des Palestiniens doivent prendre fin, c’est un monument de stupidité d’en faire payer les frais à nos compatriotes Juifs, d’autant que nombre d’entre eux sont comme nous des enfants du Maghreb.
Cette référence à nos origines communes n’est pas anodine : c’est tout naturellement que pour la première fois, mes voisins sont venus frapper à ma porte durant le Shabbat pour nous demander d’éteindre leur machine à laver (il est interdit d’utiliser l’électricité à Shabbat). Faire appel à d’autres leurs était alors impensable : ils appréhendaient la réaction des « français de souche » mais pas celle de ma famille. Nos deux maisons formaient à l’époque la seule « enclave » sémite du quartier.
Quant aux Israéliens, il faut avouer qu’ils donnent l’image d’un peuple assez dur pour la personne qui les regarde de l’extérieur. Si j’avais un point de vue personnel à donner, il serait complètement partial, étant donné que la seule citoyenne de ce pays que je connaisse, anime ce blog et a reçu une Demande en mariage de ma part…”

Posté par Sophie le 15/12 à 06:53
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Rabbi Jacob

C’est en 1973 que “Rabbi Jacob” est présenté pour la première fois au grand public.
Le film est presque “révolutionnaire”; le mélange des trois religions monothéistes est osé, le scénario et les personnages nous démontrent avec un humour décalé le terrible fossé que peuvent créer les religions mais aussi la fascinante attraction qu’elles ont les unes envers les autres.

imageLe secret du succès de “Rabbi Jacob” est la rencontre insolite des personnages appartenant à différentes religions. Dans leurs poursuites ou leurs entraides, ils vont au final tous se réunir au sein de la communauté juive dans une harmonie et une joie étonnante.
C’est après avoir observé ce film d’un autre oeil que celui du spectateur, que l’on entend un message où tout le monde peut cohabiter en se respectant.
Ayant connaissance des différents climats géopolitiques actuels de certains pays, “Rabbi Jacob” serait une bonne “piqûre de rappel"…

Posté par Sophie le 15/12 à 04:11
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14 Dec 2006

La Vérité si je mens!

La Saga “La Vérité si je mens!” débute en 1997 et continue en 2001, accompagnée d’un très grand succès.
Cocktail d’humour et de personnages attachants, elle dépeint la communauté juive de Paris, et plus particulièrement, les Juifs Sefarades bien connus pour leur accent pied-noir et leur gestuelle très expressive.

image C’est une nouveauté de concevoir un film (aprés “Rabbi Jacob"), décrivant sans tabous les Juifs de France. La thématique du premier long-métrage est axée sur les difficultés qu’un non-Juif peut rencontrer en essayant de s’insérer au sein de la communauté juive. Entre amitiés, amours et rejet, le public ressent l’envie de faire “partie de la famille”, mais aussi un éloignement injuste émanant d’une communauté exclusive.
Bien qu’assez caricaturale, “La Vérité si je mens” reste authentique quand il est question de décrire le quotidien de cette sphère assez privée.

“Je voulais te demander; est ce qu’il y a des goys dans le Sentier...?”
“T’es fou, ils tiendraient pas deux jours les pauvres… Quoique je connais un Arménien, mais bon, tout le monde le prend pour un Juif!”

Posté par Sophie le 14/12 à 02:45
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13 Dec 2006

La Torah

La Torah est le texte sacré et fondateur de la première et la plus ancienne religion monothéiste. Elle ne reconnaît donc qu’un seul D.ieu unique, en retraçant l’Histoire de la Génèse jusqu’à la mort de Moïse, apprennant aux Juifs à respecter la loi dite écrite (Torah Shebektav) et la loi dite orale (Torah Shebe’alpe).

imageLe livre sacré se divise en cinq “volumes” (Pentateuque);

-La Génèse (Bereshit “le commencement”): Retrace la création du Monde par D.ieu, la naissance du bien et du mal avec Adam et Eve, jusqu’à la mort de Joseph, en Egypte.

-L’Exode (Shemot “les noms”): Raconte l’arrivée des Hébreux en Egypte, quand ils furent esclaves mais aussi leur sortie d’Egypte après que le royaume fut frappé de sept plaies infligées par D.ieu pour libérer le peuple élu. Durant l’exode sont données par D.ieu à Moïse les Tables de la loi (les Dix Commandements) d’où le premier Tabernacle fut construit pour la prière.

-Le Lévitique (Vayikra “il appela”):Il prolonge l’Exode quand les Hébreux sont dans le désert, et énonce principalement les règles de pureté auxquels les Hébreux doivent se soumettre aussi bien au niveau physique, alimentaire, conjugal ou social…

-Les Nombres (Bamidbar “dans le désert”): Il compte les descendants des douze tribus d’Israël et recouvre la période d’errance des Hébreux dans le désert.

-Le Deutéronome (Devarim “les paroles”): Moïse rappelle aux hébreux ce qui a été énoncé lors des volumes précédents. Le Deutéronome s’achève par sa mort en 2489 du calendrier juif, ce qui est daté en -1273 pour le calendrier chrétien.

Posté par Sophie le 13/12 à 06:45
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… Amir Lapid, Directeur du département Alyah France pour l’Agence Juive de Paris.

L’Agence Juive est sollicitée dans le cadre d’une décision de la part de tout Juif de faire son Alyah. Il existe toutes sortes d’Alyah; pour les familles, les étudiants, les célibataires… Amir Lapid est Israélien mais parle parfaitement le français. Le Directeur du département Alyah s’est efforcé de me répondre de manière très précise sur l’opinion qu’il a de la communauté juive de Paris.

image
“Quelles sont les raisons de l’Alyah?”

Tout d’abord, je pense, par sionisme et par amour d’Israël. La condition de base étant le sentiment d’appartenir à ce jeune pays. Environ trois mille Juifs de France partent vivre en Terre Sainte et dans quelques années, les chiffres devraient devenir assez importants.
Ceci étant dit, l’Alyah dépend avant tout de la volonté de la personne désireuse de partir. Ce choix doit être mûrit pour savoir ce que l’on va laisser en France et retrouver en Israël. Le paramètre le plus déterminant est l’emploi, qui est la principale difficulté pour tous les nouveaux immigrants, sans faire mention des équivalences pour les spécialisations.
Ensuite, vient l’éducation des enfants qui concernent les parents. Il faut que l’Alyah soit réussie pour tout le monde, même pour les plus petits et il nécessaire qu’ils s’intègrent rapidement dans une nouvelle sphère sociale. Les derniers paramètres sont une structure sociale différente de celle de la France ainsi que la situation géopolitique qui influent sur la décision de l’Alyah.

“Comment faites-vous pour amener un Juif à penser qu’il peut partir?”

Nous sommes là pour les amener à choisir Israël. Nous les aidons dans le choix d’y vivre et dans quelle ville. Leur donner des meilleurs moyens pour l’apprentissage de la langue qui est gratuit les six premiers mois de l’Alyah. Des organismes existent en Israël pour essayer de retrouver rapidement un emploi. On tente de les préparer à ne pas entrer dans un isolement social et d’avancer avec eux dans leurs interrogations personnelles.
Il est important de souligner que l’entente diplomatique entre la France et Israël sont bonnes, il y a un respect entre ces deux Etats et les échanges sont importants. Tout Français peut revenir s’il le souhaite et certains le font, bien que les droits d’Alyah ne soient valables que pour un départ.

“Selon vous, qu’est-ce qu’être Juif en France? ”

A vrai dire, je suis Israélien et je ne connais pas la communauté juive française de l’intérieur. Juif Français ou Français Juif, cette approche est déterminée par le degré de religiosité de chacun. Je pense qu’il y a des cercles différents; certains plus communautaires et certains moins attachés à la communauté juive. Il me semble que la communauté israélite de France est exemplaire dans son ouverture. Je la perçois trés française car on peut la trouver à tous les niveaux de la société. Ceci est vérifiable en politique, dans la communication, dans l’évolution économique du développement de la France et dans les interelations avec leur environnement non juif.
La communauté est une grande famille, je ne la vois pas éclatée. Il y a tout un tissu de relations au sein de celle-ci, et il n’y avait qu’à observer lors de l’événement pour la Tsedaka; tous âges et tous milieux s’y confondaient. Il y a des point d’ancrage auxquels tout le monde se rattache, la Tsadaka en fut une, tout comme les fêtes juives, à la Synagogue.
Finalement, le dénominateur commun, c’est le fait qu’ils soient Juifs.

Posté par Sophie le 13/12 à 05:17
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… Vladimir Spiro, Président de Judaïques FM

Judaïques FM émet pour la première fois en octobre 1981. Elle partage l’onde avec deux autres radios juives dans des créneaux horaires bien définis. Vladimir Spiro est un professionnel à l’écoute de ses auditeurs qui a envie de créer un dynamisme pour ouvrir la radio à une audience extracommunautaire.
Ecoutez.

image “Qu’est-ce qu’être Juif aujourd’hui en France?”

“Etre Juif, en France comme partout, c’est être héritier d’une histoire. Chacun a la sienne, heureuse ou malheureuse. Chaque Juif n’est pas indépendant de son histoire et de son rapport personnel à son judaïsme.
Il y a trois “groupes” de Juifs en France. Le premier qui s’isole complètement de la communauté internationale, enfermé dans un “ghetto intellectuel” et “religieux”. Le deuxième, est le Juif plus moderne, qui s’inscrit dans la communauté internationale et qui, dans la même dynamique, vit son judaïsme comme il l’entend. Enfin, dans le troisième “groupe”, existent les israélites français qui intériorisent leur judaïsme et vivent pleinement dans la culture française.
A ces différents groupes de Juifs, s’ajoutent des parties organisées, comme le Consistoire Israélite ou encore l’Agence Juive dans lesquelles, semble t-il, tous les Juifs ne s’identifient pas. Beaucoup de Juifs ne s’expriment pas, comme les Ashkenazes qui sont complètement transparents à l’intérieur de la communauté”.

Quels sont vos programmes?

“J’aimerais que par la voix de Judaïques FM tout Juif et même non Juif puisse se reconnaître. On peut dire que c’est un peu une “radio laïque”, même si le terme est incorrect, la libre parole est donnée à tout le monde. Pour les programmes, nous diffusons des informations de tous types, des rubriques politiques, culturelles ou créées pour la jeunesse. Nous recevons des invités et nous avons aussi une émission sur la religion. Pour la diversité musicale, on passe de l’oriental à de la musique classique ou contemporaine.
Il faut que la radio juive, de manière générale, s’ouvre sur le monde, même si le CSA qualifie Judaïques FM de “radio communautaire”.

Comment, selon vous, parvenir à un juste milieu pour la vie de la communauté?

“Le juste milieu pour la vie de la communauté, si je puis faire une note d’humour, ce serait égoïstement Judaïques FM ! Le point médiant de la communauté juive française et internationale est de toute évidence Israël. Que l’on parle de religieux ou de libéraux, de riches ou de démunis qui ne peuvent se retrouver dans un juste milieu, les Juifs savent aussi se regrouper en une communauté remarquablement solidaire en cas de crise grave”.

Judaïques FM émet sur 94.8 de 8h30 à 11h00, de 21h à 23h et de minuit à 2h.

Posté par Sophie le 13/12 à 02:20
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