…Idir ou le Bondy Blog
Il n’est pas utile que je vous présente ce jeune homme, mes mots ne pourront être aussi justes que les siens. A toi Idir.
“La charmante tôlière de ce blog m’a fait le plaisir de répondre à toutes les questions que je lui ai posées sur sa vie en Israël. Elle m’a fournit un point de vue fort intéressant sur l’image qu’ont les israéliens de la France. Je vais donc tâcher de faire tout aussi bien en m’essayant au même exercice : un point de vue personnel sur la perception de la communauté juive de France par leurs concitoyens d’origine maghrébine.”
“Je me présente Idir, Français d’origine Algérienne (un kabyle diraient certains) en passe d’achever ses études d’histoire. Voila 26 ans que je vis à Bondy dans le 93 une cité qui m’a vu naitre et que j’affectionne particulièrement. Si la communauté juive de Bondy est présente depuis l’entre deux guerres par le biais des immigrés d’Europe de l’Est, c’est dans les années 1960 qu’elle gagne en importance avec l’arrivée des Juifs d’Algérie. Il n’y a encore pas très longtemps elle comptait à peu prés 1000 individus concentrés dans le nord de la ville. Ce quartier devenu difficile au fil du temps, il me semble que beaucoup d’entre eux l’ont quitté même si aujourd’hui encore la synagogue se trouve à Bondy nord.
Je tiens à mettre toute suite fin à ce cliché ridicule qui veut qu’un Juif et un Arabe doivent se détester en banlieue, généralement aucune tension particulière n’existe entre les deux communautés dans ma ville. Malheureusement comme les bisounours n’ont pas réussit à imposer à l’humanité leur vision d’un monde de joie et de paix éternel, quelques actes antisémites ont émaillé l’histoire de Bondy. Si mes souvenirs sont bons, il y en a eu trois très graves en 50 ans : une équipe de foot juive a été agressée au retour de son entraînement. La façade de la synagogue fut brulée et un nom sur le monument aux morts a été rageusement rayé à cause de sa consonance hébraïque. Si cette malveillance est calquée sur la période de l’actualité du Moyen Orient, ceux qui en sont les auteurs se préoccupent peu de la situation des Palestiniens. Cela tient plus de la délinquance gratuite et il semble que la « bêtise crasse » aime encore à s’exprimer contre eux.
Honnêtement la situation des Palestiniens préoccupe beaucoup de personnes en France et dans la population maghrébine en particulier. Mais la grande majorité d’entre nous ne tolère pas que l’on importe le conflit dans l’hexagone. Si l’humiliation et la précarité des Palestiniens doivent prendre fin, c’est un monument de stupidité d’en faire payer les frais à nos compatriotes Juifs, d’autant que nombre d’entre eux sont comme nous des enfants du Maghreb.
Cette référence à nos origines communes n’est pas anodine : c’est tout naturellement que pour la première fois, mes voisins sont venus frapper à ma porte durant le Shabbat pour nous demander d’éteindre leur machine à laver (il est interdit d’utiliser l’électricité à Shabbat). Faire appel à d’autres leurs était alors impensable : ils appréhendaient la réaction des « français de souche » mais pas celle de ma famille. Nos deux maisons formaient à l’époque la seule « enclave » sémite du quartier.
Quant aux Israéliens, il faut avouer qu’ils donnent l’image d’un peuple assez dur pour la personne qui les regarde de l’extérieur. Si j’avais un point de vue personnel à donner, il serait complètement partial, étant donné que la seule citoyenne de ce pays que je connaisse, anime ce blog et a reçu une Demande en mariage de ma part…”
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“Qu’est-ce qu’être Juif aujourd’hui en France?”
Ambre vit à Paris. La plupart de ses amis sont juifs. Elle parle de sa religion de façon très simple et ouverte. Mais parfois, elle ne se reconnaît pas dans la communauté juive, quand, “le juif est perçu comme une mode ou un état d’esprit auquel adhérer...” Les jeunes qui s’affirment comme juifs par des signes extérieurs de richesse et par une attitude parfois désinvolte portent le surnom de “Chalala”. Cette minorité est loin de représenter la communauté dans son ensemble, et pourtant, celle-ci est souvent assimilée à ces jeunes. Ambre a beaucoup de choses à dire, ne serait-ce que sur “l’amalgame que font juifs et non-juifs entre religion et communauté”. La religion est très personnelle, tout comme la façon de la pratiquer. La communauté c’est un ensemble de fidèles appartenant à la même religion et souvent aux même valeurs morales. Ce qui ne signifie pas que tous partagent les même opinions et la même façon d’affirmer leur judaïsme.
Julien provient d’une famille juive traditionnaliste. Le jeune homme me confie qu’il avait envie de faire son Alyah depuis ses quinze ans. Elevé dans un cadre scolaire laïque, mais intégré dans la communauté juive, il n’en a pas toujours partagé les opinions. Il est fier de son judaïsme et le revendique, mais “en gardant une certaine réserve, une certaine discrétion”. Proche de sa religion, il ne se reconnaît pourtant pas dans certaines pratiques religieuses qui visent au regroupement collectif, non par conviction mais par communautarisme. Son approche de son judaïsme est “très personnelle et ne regarde personne.”