Zac Pajol: une porte vers le paradis, encore fermée
Depuis douze ans, la presse évoque un grand projet de réaménagement du territoire francilien, dans le XVIIIème arrondissement. Ce projet de Zone d’aménagement concerté (ZAC) se veut « exemplaire », « symbole » de la politique parisienne de développement durable. Pour les habitants du quartier, il reste l’espoir sur une nouvelle vie. Mais la réalisation du projet se fait encore attendre.
Des bâtiments vétustes entourés par une haute palissade de béton. C’est ce que représente aujourd’hui la Zone d’aménagement concentré prévue notamment dans la rue Pajol, d’où le nom “ZAC Pajol”. Ce lieu comprend notamment l’ancienne gare de marchandises du chemin du fer de Strasbourg à l’est du XVIIIe arrondissement. La mairie de Paris envisage une transformation fabuleuse de ce site gris et abandonné.
Une auberge de jeunesse, une salle de spectacle, une bibliothèque, un collège, un gymnase, un Institut universitaire de technologie et un pôle d’entreprises seront organisés de manière la plus écolo possible. Le but est clair : remplir en même temps des obligations sociales et environnementales.
Sur l’affiche collée le long de la palissade de béton, on trouve des toitures végétalisées, l’usage des eaux pluviales et bien sûr, 3 300 m2 de panneaux solaires photovoltaïques, la fierté du maire Bertrand Delanoë. C’est ici qu’il va commencer ce qu’il nomme : « la capitale mondiale de l’énergie solaire ».
L’attente des habitants
Les habitants du quartier passent devant l’affiche sans plus la regarder. Ils y sont habitués. Dans le quartier où la moitié des logements doit être démolie, l’affiche ressemble à une « porte vers le paradis » qui est encore fermée.
« J’habite ici depuis quarante ans et depuis quarante ans, ce grand territoire est négligé. La SNCF, qui était la propriétaire du site, n’a rien fait pour l’aménager » - souvient Hélène, 75 ans.
La plupart des vieux bâtiments de la rue Pajol sont vides. Pourtant, certains sont encore habités. « On nous a oublié », se plaint Félix, 83 ans. « Pendant les décennies, on a lutté pour la modernisation du quartier avec la mairie, avec des sociétés ferroviaires, mais rien a été fait », ajoute-t-il.
Les gens du quartier sont fatigués d’attendre. Amélie, membre de l’association, 47 ans, montre la résolution de la Marie de Paris datée de 1996. « Si la Zac Pajol n’était pas devenue un projet écolo, il serait resté dans les oubliettes », - souligne –t-elle.
Pourtant, il faut patienter encore. La date de la fin des travaux est toujours repoussée : 2011, 2012 et maintenant 2013.
Les citoyens saluent chaque petit changement : le jardin crée à côté des rails, et puis la banderole « théâtre Le grand parquet». « Je ne sais rien de ce théâtre. Je ne sais pas même s’il existe. Mais cette banderole me fait déjà espérer à mieux» - sourit Anne, 35 ans.
Les habitants du quartier manifestent aussi leur intérêt pour les questions d’environnement. « Nous vivons entre les gares du Nord, de L’Est et le Périf. L’air est trop pollué. Avec la construction de la ZAC Pajol, on ne peut plus ignorer ce problème » - dit Jacques, 41 ans.
Pour un visiteur de passage, la Zac Pajol reste une affiche sur une palissade. Pour les habitants de quartier, elle signifie la promesse d’une nouvelle vie, assez loin encore, mais pas inaccessible.









